Eva Joly propose un contre-budget pour 2012
Ce mercredi 5 octobre à midi, Eva Joly proposait le budget pour 2012 à la presse.
Pendant plus d'une heure, Eva Joly a présenté les priorités d'EELV et les arbitrages en matière de fiscalité, de recettes et dépenses budgétaires,
et répondre aux différentes questions d'une presse nombreuse et curieuse.
Retrouvez le discours prononcé à cette occasion en ligne sur ce lien (et ci-dessous) et cliquez ici pour le document "Budget 2012" (pdf)
: http://evajoly.fr/wp-content/uploads/2011/10/newdealevajoly-budget-2012.pdf
--- Prochains rendez-vous
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Demain jeudi 6 octobre dans "Europe 1 soir" émission d'Arlette Chabot à 18h30
- Vendredi Eva Joly sera l'invitée de Politique & Co sur BFM à 18h : http://www.bfmbusiness.com/programmes-replay/emission/politique-co
--- Dans les medias
- Retrouvez la prestation d'Eva Joly interviewée dans l'émission Radio France Politique (France info, France Inter, France Bleu, France culture, Le
Mouv') :
http://politique.radiofrance.fr/eva-joly/
Amicalement,
L'équipe de campagne d'Eva Joly
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Discours d'Eva Joly à l'occasion de la présentation du budgdet 2012 à la presse
5 octobre 2011
(seul le prononcé fait foi);
Je suis heureuse de vous présenter ce que nous, les écologistes, nous présenterions comme projet de loi de finances si nous étions au pouvoir.
J’ai demandé à nos experts et à nos parlementaires, de préparer un véritable contre-budget face à celui présenté par le gouvernement. Je suis la
première candidate à l’élection présidentielle à me livrer à cet exercice, cela fait partie pour moi de la nouvelle pratique du pouvoir que nous
proposons : dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit.
La crise que nous traversons est exceptionnelle par sa brutalité et sa globalité. Elle remet en cause les fondements mêmes du système sur lequel repose
l’économie mondiale depuis la Seconde Guerre Mondiale. L’urgence n’est donc à pas
de changer le pansement, mais
de penser le changement.
Nicolas Sarkozy n’apporte aucune solution. C’est
un pompier pyromane. Nous avons depuis 2007 assisté à un véritable assèchement de la puissance publique. L’hôpital a été sacrifié, l’éducation saignée
et les collectivités locales rackettées. Pendant ce temps, l’endettement public n’a cessé de s’alourdir à coups de cadeaux fiscaux aux plus riches des
Français et de projets irréalistes et dispendieux.
Le budget qu’il nous présente aujourd’hui consiste tout simplement à faire payer à la grande majorité des Français, les
frais de la politique inefficace qu’il a menée. Il repose par ailleurs sur une vision fantaisiste de la réalité économique de notre pays en pariant
toujours sur le mythique retour de la croissance.
Après avoir été le président de l’endettement de la France, il veut être aujourd’hui le président de l’austérité. Cette voie est une impasse.
Ajouter aujourd’hui de l’austérité à la dette, c’est ajouter demain de la dette à l’austérité. Et ajouter de la crise à la crise. L’exemple grec
devrait en faire réfléchir beaucoup.
Il existe pourtant un chemin pour sortir notre pays et l’Europe de la crise, sans attendre une mythique croissance, et pour nous permettre de retrouver
une prospérité partagée.
Le budget que je vous présente aujourd’hui est une alternative réaliste et responsable aux hypothèses mensongères et aux propositions austères du
gouvernement.
C’est un budget réaliste. On ne peut miser comme le font l’ensemble des forces politiques traditionnelles de notre pays sur le retour d’une
hypothétique croissance. Le scénario que je vais vous présenter est bâti sur l’hypothèse de croissance , la plus restrictive, celle de l’OFCE
c’est-à-dire 0,8% de croissance. L’année dernière alors que j’avais présenté un budget alternatif, basé sur une croissance de 1,5% de croissance,
certains m’avait considéré comme pessimiste. Au contraire aujourd’hui, tel est la réalité à laquelle nous faisons face. Il est temps de cesser de
mentir aux Français, car tous ceux qui promettent 2% ou 2,5% de croissance augmenteront la dette sans le dire, qu’ils soient de droite ou de gauche.
A ce propos permettez-moi de dire une chose essentielle : les écologistes sont responsables face à la dette. Tout d’abord parce qu’elle ne fait que
transmettre demain aux générations futures, le fardeau auquel nous ne voulons pas faire face aujourd’hui. Ensuite parce qu’elle nous empêche de mener à
bien les politiques d’avenir dont notre pays a besoin.
Mais pour faire face de manière réaliste à l’endettement, il nous faut refuser les dogmes. Le premier dogme, c’est celui de la règle d’or, inefficace
économiquement et absurde politiquement, qui voudrait graver dans le marbre une politique économique. Le second, c’est celui qui voudrait faire d’une
date un horizon indépassable. Nous ne sommes pas en capacité de promettre qu’en 2013 ou en 2014, nous pourrons en avoir fini avec le poids de la dette.
Mais je prends ici l’engagement d’une sortie réaliste du déficit, sans le faire peser sur les citoyennes et les citoyens, le réduisant d’au moins 1%
par an.
C’est un budget responsable, également, dans l’accomplissement des missions de la puissance publique. Le rôle de la collectivité, c’est de préparer
l’avenir, de protéger les citoyens, d’assurer la paix publique et la solidarité.
En ce sens, c’est aussi un budget pour la transition écologique de la société. Il nous faut investir massivement, en effet, pour une société plus
sobre, plus efficace, plus durable et une économie moins vulnérable aux chocs énergétiques. Nous pouvons mobiliser dès cette année 15 milliards d’euros
supplémentaires.
Je pense en particulier à l’équipement des logements pour les rendre plus économes en énergie. Je propose ainsi que, dès 2012, l’équivalent de
315000 logements soient ainsi rénovés. Je propose que, dès 2012, 150 000 logements sociaux soient construits sur les normes les plus élevées
d’efficacité énergétique.
Plus globalement, notre projet de budget prévoit la création de centaines de millier d’emplois durables et non délocalisables, grâce aux aides de
l’Etat vers les entreprises qui investissent dans la conversion écologique de notre société. Les PME pourront également bénéficier
davantage d’aides à l’amélioration des conditions de travail de leurs salariés.